Placements financiers : comment réduire son impôt sur le revenu ?

La fiscalité française offre de nombreuses opportunités d’optimisation pour les contribuables souhaitant réduire leur impôt sur le revenu. Entre les dispositifs de défiscalisation immobilière, les enveloppes fiscalement privilégiées et les investissements solidaires, les stratégies d’optimisation fiscale sont multiples et variées. Ces mécanismes permettent soit de bénéficier de réductions d’impôt directes, soit de déduire certaines sommes de votre revenu imposable.

L’année 2026 marque une évolution significative du paysage fiscal avec la fin de certains dispositifs comme Pinel et la revalorisation d’autres mécanismes. Cette transformation du cadre réglementaire nécessite une adaptation des stratégies patrimoniales pour maintenir une optimisation fiscale efficace. Les contribuables les plus avisés adaptent désormais leurs choix d’investissement en fonction de ces nouvelles règles fiscales.

Dispositifs de défiscalisation immobilière : pinel, malraux et investissement locatif

L’immobilier demeure l’un des secteurs les plus attractifs pour la défiscalisation, malgré les récentes évolutions réglementaires. Les mécanismes de réduction d’impôt immobilier permettent de conjuguer constitution d’un patrimoine et optimisation fiscale, tout en contribuant au développement du parc locatif français.

Mécanisme de réduction d’impôt avec la loi pinel en zone B1 et B2

Bien que le dispositif Pinel ait pris fin au 1er janvier 2025, les investissements réalisés avant cette date continuent de générer leurs avantages fiscaux. Ce dispositif permettait une réduction d’impôt échelonnée sur la durée d’engagement locatif : 12% pour 6 ans, 18% pour 9 ans et 21% pour 12 ans. Les zones B1 et B2, moins tendues que les zones A et Abis, offraient un équilibre intéressant entre potentiel locatif et prix d’acquisition.

Les investisseurs ayant acquis en Pinel avant 2025 bénéficient encore d’une fiscalité avantageuse, à condition de respecter scrupuleusement les obligations du dispositif. Le plafonnement des loyers et des ressources locataires reste en vigueur pendant toute la durée d’engagement. Cette contrainte, bien que restrictive, garantit une certaine sécurité locative dans les zones où la demande de logement intermédiaire reste soutenue.

Optimisation fiscale par la loi malraux dans les secteurs sauvegardés

Le dispositif Malraux représente aujourd’hui l’une des solutions de défiscalisation immobilière les plus attractives pour les contribuables fortement imposés. Cette loi permet une réduction d’impôt de 22% à 30% du montant des travaux de restauration, selon la localisation du bien dans un Site Patrimonial Remarquable ou une Zone de Protection du Patrimoine Architectural.

L’avantage principal de la loi Malraux réside dans l’absence de plafonnement au sein du plafond global des niches fiscales. Un investisseur peut ainsi déduire jusqu’à 400 000 euros de travaux sur quatre ans, générant une économie d’impôt pouvant atteindre 120 000 euros. Cette caractéristique en fait un outil privilégié pour les contribuables aux revenus élevés cherchant à optimiser massivement leur fiscalité.

La sélection du bien et l’encadrement des travaux par un architecte des Bâtiments de France garantissent la qualité patrimoniale de l’investissement. Cette

dernière exigence implique toutefois des délais de réalisation longs, des contraintes administratives fortes et une sélection rigoureuse des opérations. Pour que l’avantage fiscal ne soit pas remis en cause, vous devez respecter la durée de location minimale de 9 ans, les prescriptions architecturales et les plafonds de travaux. En pratique, la loi Malraux convient surtout aux foyers avec un taux marginal d’imposition élevé (41 % ou 45 %) et une capacité d’épargne importante, qui souhaitent à la fois réduire leur impôt sur le revenu et se constituer un patrimoine immobilier de caractère.

Déficit foncier et amortissement robien pour les revenus locatifs

Le mécanisme du déficit foncier permet de réduire son impôt sur le revenu en imputant sur le revenu global une partie des charges liées à un logement loué nu. Concrètement, si vos charges (travaux, taxes foncières, intérêts d’emprunt, frais de gestion…) dépassent vos loyers encaissés, le déficit foncier peut être déduit de votre revenu imposable dans la limite de 10 700 € par an (élévation temporaire à 21 400 € pour certains travaux de rénovation énergétique). L’excédent est reportable sur vos revenus fonciers pendant 10 ans, ce qui en fait un outil de planification fiscale de moyen terme.

L’ancien dispositif Robien, qui reposait sur un mécanisme d’amortissement du bien immobilier neuf, n’est plus accessible pour de nouveaux investissements mais continue de produire des effets pour les contribuables ayant déjà investi. Le principe consiste à déduire chaque année un pourcentage du prix d’acquisition du logement de vos revenus fonciers, ce qui vient diminuer la base imposable. Si vous êtes encore titulaire d’un bien sous régime Robien, il est essentiel de veiller au respect de la durée de location et des plafonds de loyers pour éviter toute remise en cause de l’avantage fiscal.

Dans les stratégies actuelles, le déficit foncier a largement pris le relais des dispositifs d’amortissement pour les nouveaux projets. Il est particulièrement pertinent lorsqu’un bien nécessite des travaux lourds de rénovation ou de mise aux normes, par exemple pour sortir un logement de la catégorie des “passoires thermiques”. Combinez-le avec une bonne gestion de la dette (intérêts d’emprunt) et vous transformez des charges incontournables en levier d’optimisation de votre impôt.

LMNP et statut de loueur en meublé non professionnel

Le statut de loueur en meublé non professionnel (LMNP) est l’un des meilleurs moyens de réduire la pression fiscale sur les revenus locatifs, tout en restant dans un cadre accessible. Les loyers perçus sont imposés dans la catégorie des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC), ce qui ouvre droit, au choix, au régime micro-BIC (abattement forfaitaire de 50 % sur les recettes, voire 71 % pour les chambres d’hôtes) ou au régime réel. C’est ce dernier qui offre le plus fort potentiel d’optimisation : vous pouvez déduire la quasi-totalité des charges (intérêts, charges de copropriété, frais de gestion, assurances, travaux) et surtout amortir le bien et le mobilier.

Grâce à l’amortissement, une partie du prix d’acquisition est déduite chaque année des recettes, sans pour autant générer de sortie de trésorerie. Dans de nombreux cas, ce mécanisme permet de neutraliser totalement l’imposition sur plusieurs années, même avec des loyers confortables. C’est un peu comme si le fisc “oubliait” une partie de vos recettes locatives, à condition de tenir une comptabilité précise et de respecter les règles d’amortissement.

Le statut LMNP convient particulièrement aux contribuables imposés dans les tranches à 30 % et plus, qui souhaitent dégager des revenus complémentaires peu ou pas imposés. Il est utilisable aussi bien pour un studio étudiant en centre-ville que pour un appartement géré en résidence services (seniors, tourisme, affaires). En revanche, il impose une gestion plus structurée : choix du régime, tenue comptable (souvent via un expert-comptable), déclaration au greffe, et attention portée à l’évolution de la fiscalité des locations meublées.

Investissement en résidence étudiante et EHPAD défiscalisés

Les résidences étudiantes, seniors ou EHPAD (Établissements d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes) sont souvent proposées comme solutions “clés en main” pour réduire son impôt grâce au LMNP. Vous achetez un lot meublé dans une résidence de services et signez un bail commercial avec l’exploitant, qui vous verse un loyer garanti. Fiscalement, vous profitez des avantages du LMNP au réel (amortissement du bien et du mobilier) et, le cas échéant, de la récupération de la TVA si les conditions sont réunies (services para-hôteliers, durée du bail, etc.).

Sur le papier, l’équation semble idéale : loyer sécurisé, gestion déléguée, fiscalité très avantageuse. Dans la pratique, la qualité de l’exploitant et l’emplacement de la résidence sont déterminants. Un EHPAD ou une résidence étudiante mal situé, ou géré par un opérateur fragilisé, peut entraîner des baisses de loyer, des renégociations de bail, voire des procédures complexes en cas de défaillance. Avant d’investir, vérifiez le taux d’occupation historique, la solidité financière de l’exploitant et les clauses du bail (indexation, charges, travaux, renouvellement).

Ces supports d’investissement restent néanmoins pertinents dans une logique de revenus complémentaires à long terme et d’optimisation de l’impôt sur le revenu. Ils s’adressent en priorité aux contribuables recherchant une solution patrimoniale peu chronophage, prêts à immobiliser leur capital sur une durée d’au moins 15 à 20 ans, et conscients du risque spécifique lié au secteur médico-social ou étudiant.

Enveloppes fiscales privilégiées : PEA, assurance-vie et PER

Au-delà de l’immobilier, certaines enveloppes financières bénéficient d’une fiscalité particulièrement favorable pour réduire l’impôt sur le revenu et préparer l’avenir. PEA, assurance-vie et plan d’épargne retraite (PER) constituent le socle d’une stratégie patrimoniale équilibrée, permettant à la fois de faire fructifier son épargne et d’optimiser sa fiscalité dans le temps. Bien les utiliser revient à organiser ses investissements dans des “boîtes” fiscales adaptées à chaque objectif.

Plan d’épargne en actions et exonération des plus-values après 5 ans

Le plan d’épargne en actions (PEA) est une enveloppe fiscale dédiée aux actions européennes, particulièrement efficace pour réduire la fiscalité sur les plus-values et dividendes. Tant que vous ne réalisez aucun retrait, les gains restent capitalisés sans imposition sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux étant dus en cas de sortie. Après 5 ans de détention, les retraits sont exonérés d’impôt sur le revenu : vous ne payez plus que les prélèvements sociaux de 17,2 % sur la part de gains.

Concrètement, cela signifie que vous pouvez construire progressivement un portefeuille d’actions (via des titres vifs ou des OPCVM éligibles) et laisser travailler votre capital sur le long terme sans subir la “double peine” dividendes + plus-values imposées chaque année. Vous souhaitez vous constituer un complément de revenu à la retraite ? Une stratégie consiste à alimenter régulièrement votre PEA, puis à programmer des retraits partiels après 5 ans pour profiter de l’exonération. Le PEA devient alors un outil puissant pour lisser votre fiscalité sur les placements financiers.

Attention toutefois : l’univers d’investissement du PEA est restreint (actions européennes essentiellement) et le plafond de versement est limité (150 000 € pour un PEA classique, hors plus-values). Il convient donc de le combiner avec d’autres enveloppes comme l’assurance-vie, plus souple sur les supports et les montants, afin de diversifier votre patrimoine tout en optimisant la fiscalité globale des revenus de placement.

Contrats d’assurance-vie multisupports et abattements successoraux

L’assurance-vie reste l’enveloppe patrimoniale la plus polyvalente pour concilier rendement, liquidité et avantages fiscaux. Tant que vous ne procédez pas à de rachat, les plus-values générées sur le contrat ne sont pas imposées à l’impôt sur le revenu, ce qui permet une capitalisation “à l’abri du fisc”. En cas de retrait partiel ou total, seule la part de gains dans la somme rachetée est soumise à la fiscalité, avec une imposition qui devient particulièrement attractive après 8 ans de détention grâce à l’abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple).

Au-delà de la réduction de l’impôt sur le revenu, l’assurance-vie est un outil majeur pour optimiser la transmission de patrimoine. Les primes versées avant 70 ans bénéficient d’un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis d’une taxation forfaitaire avantageuse. Dans bien des situations, structurer sa transmission via un ou plusieurs contrats d’assurance-vie permet de réduire significativement les droits de succession, tout en gardant la possibilité de modifier les bénéficiaires selon l’évolution de votre situation familiale.

Les contrats multisupports offrent en outre un large choix d’unités de compte (actions, obligations, immobilier, fonds thématiques) et de fonds en euros, permettant d’adapter le couple rendement/risque à votre profil. L’enjeu n’est donc pas seulement fiscal : il s’agit aussi de piloter la répartition de votre patrimoine financier, par exemple en sécurisant progressivement une partie des gains à l’approche de la retraite, tout en conservant une poche dynamique pour lutter contre l’inflation.

Plan d’épargne retraite et déduction des versements volontaires

Le plan d’épargne retraite (PER) est l’un des rares placements financiers qui permet de réduire immédiatement son impôt sur le revenu grâce à la déduction des versements volontaires. Concrètement, les sommes versées sur un PER individuel peuvent être déduites de votre revenu imposable dans la limite de 10 % de vos revenus professionnels (ou de 10 % du PASS si c’est plus favorable), avec des plafonds spécifiques pour les travailleurs non-salariés. Pour un contribuable imposé à 30 %, chaque 1 000 € versé sur son PER lui permet d’économiser 300 € d’impôt.

En contrepartie de cet avantage immédiat, l’épargne est en principe bloquée jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé (achat de la résidence principale, accidents de la vie, surendettement…). À la sortie, les sommes récupérées sont imposées selon leur origine (versements déduits ou non, plus-values), avec un régime spécifique en capital ou en rente. L’intérêt du PER est donc maximal pour les contribuables fortement imposés aujourd’hui, qui anticipent une tranche d’imposition plus faible au moment de la retraite.

Le PER permet également de diversifier ses supports d’investissement (fonds en euros, unités de compte, gestion pilotée) et de regrouper d’anciens produits retraite (PERP, Madelin, article 83) dans un cadre unique plus lisible. Pour bien l’utiliser, il convient de calibrer le montant des versements en fonction de votre taux marginal d’imposition, de votre horizon de retraite et de vos autres projets (immobilier, études des enfants, etc.). En quelque sorte, vous arbitrez entre payer de l’impôt aujourd’hui ou plus tard, mais avec un capital potentiellement plus élevé.

PEA-PME et investissement dans les petites et moyennes entreprises

Le PEA-PME est une variante du PEA spécialement dédiée au financement des petites et moyennes entreprises et des entreprises de taille intermédiaire (ETI) européennes. Son fonctionnement fiscal est similaire à celui du PEA classique : exonération d’impôt sur le revenu des plus-values et dividendes en l’absence de retrait pendant 5 ans, puis imposition limitée aux prélèvements sociaux. Le plafond de versement est fixé à 225 000 €, cumulé avec celui du PEA, ce qui offre une capacité d’investissement significative dans l’économie réelle.

Investir via un PEA-PME permet de soutenir la croissance des entreprises non cotées ou des petites capitalisations boursières tout en bénéficiant d’un cadre fiscal protecteur. C’est un outil particulièrement intéressant pour les épargnants prêts à accepter une volatilité plus forte en échange d’un potentiel de performance supérieur sur le long terme. Pour limiter les risques, il est recommandé de passer par des fonds spécialisés (OPCVM, ETF éligibles PEA-PME) plutôt que de sélectionner soi-même quelques titres isolés.

En pratique, le PEA-PME vient en complément du PEA et de l’assurance-vie, dans une logique de diversification sectorielle et géographique. Il peut avoir du sens si vous disposez déjà d’une épargne de précaution solide et que votre horizon d’investissement est d’au moins 8 à 10 ans. Pour réduire efficacement votre fiscalité sur les plus-values à venir, l’essentiel reste de respecter la règle clé : éviter les retraits prématurés qui cassent l’antériorité fiscale de l’enveloppe.

Investissements solidaires et dispositifs girardin : réduction d’impôt immédiate

Certains dispositifs vont plus loin que la simple optimisation des revenus de placement et offrent une réduction d’impôt “one shot”, parfois supérieure au capital investi. C’est le cas notamment des dispositifs Girardin en outre-mer, mais aussi de certains investissements solidaires ou sectoriels. Ici, la logique est différente : vous acceptez un risque plus élevé et/ou un capital à fonds perdus en échange d’un gain fiscal concentré sur une seule année.

Le Girardin industriel et le Girardin social permettent de financer, via une société de portage, l’acquisition de matériels productifs ou de logements sociaux dans les DROM-COM. En contrepartie de votre apport, vous obtenez dès l’année suivante une réduction d’impôt pouvant atteindre 110 à 120 % de la somme investie, dans la limite des plafonds de niches fiscales (18 000 € pour ces dispositifs spécifiques). En pratique, un apport de 10 000 € peut se traduire par une réduction d’impôt de 11 000 à 12 000 €, à condition que l’opération respecte toutes les conditions légales pendant 5 ans.

Cette générosité fiscale s’explique par le caractère à fonds perdus de l’investissement : à l’issue de la période d’engagement, vous ne récupérez pas votre capital, seule la défiscalisation constitue le rendement. De plus, vous supportez un risque juridique (requalification par l’administration) et opérationnel (défaillance de l’exploitant, non-respect des critères d’éligibilité). C’est pourquoi il est crucial de passer par des monteurs d’opérations reconnus, sélectionnés avec soin, et de vérifier que le montant investi correspond réellement à votre besoin de réduction d’impôt sur l’année ciblée.

Stratégies d’optimisation par le crédit d’impôt et réductions sectorielles

La défiscalisation ne passe pas uniquement par les placements immobiliers ou financiers. De nombreux dispositifs sectoriels – innovation, cinéma, forêt, économie sociale – permettent de bénéficier de réductions ou crédits d’impôt tout en diversifiant vos investissements. Ces solutions s’intègrent dans une stratégie globale, souvent en complément des grandes enveloppes que sont le PEA, l’assurance-vie et le PER.

FCPI et FIP : fonds communs de placement dans l’innovation

Les FCPI (fonds communs de placement dans l’innovation) et certains FIP (fonds d’investissement de proximité, désormais limités à la Corse et à l’Outre-mer) permettent d’investir dans des PME non cotées en échange d’une réduction d’impôt sur le revenu. Depuis la loi de finances pour 2025, la réduction “IR-PME” pour les FCPI métropolitains a été rehaussée à 25 % des sommes investies, dans la limite de 12 000 € pour une personne seule et 24 000 € pour un couple. Les FIP Corse et Outre-mer offrent un taux encore plus attractif, de 30 %, avec les mêmes plafonds.

En pratique, une souscription de 10 000 € dans un FCPI permet de réduire son impôt de 2 500 €, à condition de conserver les parts au moins 5 ans (souvent 7 à 10 ans en réalité). Les plus-values éventuelles sont exonérées d’impôt sur le revenu si les conditions de durée sont respectées, seuls les prélèvements sociaux étant dus. Le revers de la médaille ? Un risque de perte en capital significatif, des frais de gestion élevés et une grande illiquidité pendant la durée de vie du fonds.

Ces fonds s’adressent donc à des épargnants avertis, conscients du caractère spéculatif de l’investissement et prêts à immobiliser une partie de leur épargne sur le long terme. Ils peuvent constituer un complément intéressant pour réduire un impôt sur le revenu déjà conséquent, notamment lorsque les autres plafonds de niches fiscales ne sont pas encore saturés. Comme toujours en capital-investissement, la diversification entre plusieurs millésimes et plusieurs sociétés de gestion est un réflexe de prudence à adopter.

Sofica et investissement dans la production cinématographique

Les SOFICA (Sociétés de Financement de l’Industrie Cinématographique et Audiovisuelle) offrent l’un des taux de réduction d’impôt sur le revenu les plus élevés du marché. En souscrivant au capital d’une SOFICA agréée par le CNC, vous pouvez bénéficier d’une réduction d’impôt de 30 % du montant investi, pouvant être portée à 36 %, voire 48 % dans certains cas (engagements de production renforcés). La base maximale retenue est de 18 000 € et ne peut excéder 25 % de votre revenu net global.

En contrepartie, les parts doivent être conservées au minimum 5 ans et l’investissement reste risqué : la rentabilité dépend du succès des œuvres financées, qui peut être très variable. De plus, l’enveloppe annuelle de SOFICA agréées est limitée, ce qui rend ces produits parfois difficiles d’accès. Ils s’intègrent dans le plafonnement des niches fiscales (18 000 € pour ce type d’avantage), ce qui en fait plutôt un outil de complément, idéal pour les contribuables déjà familiers des mécanismes de défiscalisation.

Avant de souscrire, interrogez-vous sur votre niveau d’appétence au risque et sur l’adéquation entre le montant investi et votre impôt prévisionnel. Il s’agit davantage d’un placement “passion” couplé à un levier fiscal que d’un support de base pour construire votre épargne. Bien choisi, il peut néanmoins vous permettre de soutenir la création cinématographique française tout en allégeant sensiblement votre facture fiscale d’une année donnée.

Crédit d’impôt recherche pour les dirigeants d’entreprise

Pour les dirigeants de sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés, le crédit d’impôt recherche (CIR) constitue un mécanisme majeur de réduction de la charge fiscale globale de l’entreprise, avec un impact indirect sur la rémunération nette du chef d’entreprise. Le CIR permet de récupérer jusqu’à 30 % des dépenses de R&D éligibles (15 % au-delà de 100 millions d’euros), sous forme de crédit d’impôt imputable sur l’IS ou remboursable. En optimisant la structure de coûts entre rémunération, dividendes et réinvestissement en R&D, il est possible de réduire significativement la pression fiscale globale supportée par le dirigeant.

Le CIR est toutefois un dispositif technique, soumis à des règles strictes de justification (dossiers scientifiques, suivi des heures, nature des travaux) et à un contrôle potentiellement renforcé de l’administration. Pour éviter les remises en cause, il est recommandé de se faire accompagner par des conseils spécialisés et, le cas échéant, de solliciter un rescrit fiscal. Vous êtes dirigeant et vous hésitez à valoriser vos efforts d’innovation ? Ne pas exploiter le CIR revient parfois à laisser sur la table un équivalent de plusieurs mois de rémunération nette chaque année.

En complément, le crédit d’impôt innovation (CII) et certains statuts spécifiques (JEI, JEIR) renforcent encore l’arsenal fiscal au service des entreprises innovantes. L’enjeu, pour le dirigeant, est de coordonner ces dispositifs avec sa propre stratégie de rémunération et de distribution de dividendes, afin de réduire au mieux son impôt sur le revenu tout en soutenant la croissance de son outil professionnel.

Défiscalisation forestière et groupements fonciers forestiers

Investir dans la forêt, directement ou via des groupements fonciers forestiers (GFF), permet de diversifier son patrimoine tout en bénéficiant d’avantages fiscaux spécifiques. L’acquisition de bois et forêts ou de parts de GFF ouvre droit à une réduction d’impôt de 18 % du montant investi, dans la limite de 5 700 € pour une personne seule et 11 400 € pour un couple. Les parts doivent être conservées pendant au moins 5 à 8 ans selon les dispositifs, et des conditions de surface et de gestion durable doivent être respectées.

Au-delà de cette réduction immédiate, les GFF bénéficient souvent d’allègements importants en matière d’IFI et de droits de succession (exonération partielle sous conditions de durée de détention et de gestion). Les revenus générés par l’exploitation forestière (vente de bois, loyers de chasse) restent en général modestes et irréguliers, mais l’intérêt principal réside dans la protection du capital et la transmission allégée. C’est un peu l’équivalent d’une “assurance vie verte”, avec un horizon d’investissement très long.

Comme tout placement non coté, la liquidité des parts de groupement forestier est limitée et la valorisation peut fluctuer selon les aléas climatiques, sanitaires et économiques (tempêtes, incendies, cours du bois). Il convient donc de réserver ce type d’investissement à une fraction raisonnable de votre patrimoine, en l’inscrivant dans une démarche de long terme et, idéalement, avec l’appui d’un conseiller spécialisé dans ce secteur.

Timing fiscal et arbitrages patrimoniaux en fin d’année

La réussite d’une stratégie de réduction de l’impôt sur le revenu ne tient pas seulement au choix des dispositifs, mais aussi au bon timing. En fin d’année, de nombreux contribuables s’interrogent : faut-il verser sur son PER maintenant ou attendre l’an prochain ? Est-il encore temps de souscrire un FCPI ou une SOFICA ? Quels arbitrages réaliser sur son assurance-vie ou son PEA pour optimiser l’imposition des plus-values ?

En pratique, la plupart des réductions d’impôt sont conditionnées à des opérations réalisées avant le 31 décembre de l’année N pour être prises en compte sur l’impôt dû au titre de cette même année. C’est le cas des versements sur PER (déduction), des souscriptions FCPI/FIP/SOFICA, des investissements Girardin, ou encore des acquisitions de parts de GFF. Anticiper ces décisions dès l’automne permet d’éviter les souscriptions précipitées de dernière minute, souvent moins bien analysées en termes de risque et de cohérence patrimoniale.

Les arbitrages patrimoniaux en fin d’année visent aussi à gérer les plus-values et moins-values sur vos comptes-titres ou PEA. En réalisant certaines cessions, vous pouvez compenser des gains par des pertes, ou au contraire matérialiser des plus-values lorsque votre tranche marginale d’imposition est momentanément plus faible (congé sabbatique, baisse de revenus, année de transition professionnelle). La fiscalité devient alors un paramètre à part entière de vos décisions d’investissement, au même titre que la performance ou le risque.

Enfin, n’oubliez pas que la défiscalisation doit rester au service de votre projet de vie et non l’inverse. Chercher à “effacer” son impôt à tout prix, sans cohérence avec vos besoins (liquidité, transmission, préparation de la retraite), peut conduire à des placements inadaptés voire contre-productifs. L’idéal est d’élaborer, avec l’aide d’un professionnel si nécessaire, une feuille de route pluriannuelle : vous y articulerez immobilier locatif, enveloppes financières (PEA, assurance-vie, PER) et dispositifs sectoriels, en tenant compte des évolutions législatives annoncées pour 2026 et au-delà.

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