Comment compléter votre pension de retraite grâce à l’épargne ?

# Comment compléter votre pension de retraite grâce à l’épargne ?

La réalité des pensions de retraite en France soulève de nombreuses inquiétudes légitimes. Selon les dernières études, le taux de remplacement moyen – c’est-à-dire le rapport entre la pension de retraite et le dernier salaire d’activité – s’établit autour de 70 % pour les salariés du secteur privé, et peut descendre bien plus bas pour certaines catégories professionnelles. Cette baisse de revenus au moment du passage à la retraite représente un défi financier majeur pour maintenir son niveau de vie. Face à l’allongement de l’espérance de vie et aux réformes successives du système de retraite par répartition, anticiper cette transition devient une nécessité absolue. Heureusement, plusieurs dispositifs d’épargne réglementée et stratégies d’investissement permettent aujourd’hui de constituer un complément de revenus substantiel pour vos années de retraite. L’enjeu consiste à identifier les solutions les plus adaptées à votre profil, votre horizon de placement et votre situation fiscale, tout en démarrant suffisamment tôt pour bénéficier pleinement de l’effet de capitalisation.

Les solutions d’épargne réglementée pour sécuriser un complément de revenus

Les produits d’épargne réglementée constituent la colonne vertébrale d’une stratégie de préparation à la retraite. Ces dispositifs, encadrés par la législation française, offrent des garanties et des avantages fiscaux spécifiques qui en font des outils particulièrement efficaces. Contrairement aux idées reçues, il n’existe pas de solution unique miraculeuse, mais plutôt une combinaison intelligente de plusieurs véhicules d’investissement adaptés à différents objectifs et horizons temporels. La diversification entre ces différentes enveloppes permet de mutualiser les avantages tout en optimisant la fiscalité globale de votre patrimoine.

Le plan d’épargne retraite (PER) et ses avantages fiscaux sur le revenu imposable

Créé par la loi PACTE en 2019, le Plan d’Épargne Retraite représente aujourd’hui le dispositif phare pour préparer sa retraite avec un avantage fiscal immédiat. Le principe est simple mais puissant : les versements volontaires effectués sur un PER sont déductibles de votre revenu imposable, dans la limite d’un plafond calculé en fonction de vos revenus professionnels. Pour 2024, ce plafond s’élève à 35 193 euros pour les salariés et peut atteindre 85 780 euros pour les travailleurs non salariés. Cette déduction fiscale génère une économie d’impôt proportionnelle à votre tranche marginale d’imposition : un contribuable imposé à 30 % qui verse 10 000 euros sur son PER économise immédiatement 3 000 euros d’impôt.

Le PER se décline en trois compartiments distincts selon l’origine des fonds : le compartiment individuel alimenté par vos versements volontaires, le compartiment collectif qui accueille les sommes issues de l’épargne salariale (intéressement, participation, abondement), et le compartiment catégoriel pour les cotisations obligatoires d’entreprise. Cette structure compartimentée permet une gestion fine et une traçabilité optimale de vos différentes sources d’épargne retraite. À la liquidation de votre plan, vous disposez d’une flexibilité appréciable : sortie en capital en une ou plusieurs fois, conversion en rente viagère, ou formule mixte combinant les deux options selon vos besoins réels au moment du départ à la retraite.

Les fonds investis dans un

p>PER sont, par défaut, gérés en gestion pilotée à horizon : lorsque votre départ à la retraite est lointain, une part importante de votre épargne est investie en unités de compte (actions, OPCVM, ETF…) plus risquées mais potentiellement plus rémunératrices. À l’approche de la retraite, la part investie sur des supports sécurisés (fonds en euros, obligations de qualité) augmente progressivement. Vous pouvez aussi opter pour une gestion libre si vous souhaitez choisir vous‑même vos supports. Il est enfin possible de renoncer à la déduction fiscale à l’entrée pour alléger la fiscalité à la sortie : une option intéressante si vous êtes faiblement imposé aujourd’hui et anticipez une tranche d’imposition plus élevée à la retraite.

L’assurance-vie en fonds euros : capital garanti et transmission patrimoniale

À côté du PER, l’assurance-vie reste l’enveloppe incontournable pour préparer un complément de retraite tout en conservant une grande souplesse. Le socle de nombreux contrats est le fonds en euros, un support au capital garanti par l’assureur. Chaque année, les intérêts crédités sont définitivement acquis (effet cliquet). Le rendement moyen des fonds en euros est revenu autour de 2,5 % à 3 % brut en 2023–2024, avec de fortes disparités selon les assureurs, ce qui en fait un support adapté pour sécuriser progressivement une partie de votre capital à l’approche de la retraite.

L’atout majeur de l’assurance-vie est sa fiscalité avantageuse à la sortie. Tant que vous ne faites pas de rachat, vous ne payez aucun impôt sur les gains. Au-delà de 8 ans de détention, vous bénéficiez d’un abattement annuel sur les gains retirés : 4 600 euros pour une personne seule, 9 200 euros pour un couple marié ou pacsé. Au‑delà de cet abattement, les gains peuvent être taxés à 7,5 % (hors prélèvements sociaux) pour la fraction de primes inférieure à 150 000 euros par personne. Concrètement, l’assurance‑vie permet d’organiser des retraits programmés à la retraite avec un impact fiscal maîtrisé.

Sur le plan patrimonial, l’assurance‑vie offre aussi un cadre très favorable pour transmettre un capital à vos proches. En cas de décès avant 70 ans, chaque bénéficiaire désigné peut recevoir jusqu’à 152 500 euros hors droits de succession. Après 70 ans, un abattement global de 30 500 euros s’applique sur les primes versées, mais les intérêts restent exonérés de droits. En préparant votre retraite via un contrat d’assurance‑vie, vous construisez donc simultanément un outil de complément de revenus et un vecteur de transmission patrimoniale optimisée.

Le plan d’épargne en actions (PEA) pour une défiscalisation après 5 ans de détention

Si vous êtes prêt à accepter une part de risque boursier pour viser un rendement plus élevé à long terme, le Plan d’Épargne en Actions (PEA) est une autre enveloppe intéressante pour compléter votre retraite. Le PEA permet d’investir dans des actions et OPCVM majoritairement européens, dans la limite de 150 000 euros de versements pour un PEA classique. L’avantage clé ? Après 5 ans de détention, les gains (plus‑values et dividendes) sont exonérés d’impôt sur le revenu ; ils ne supportent plus que les prélèvements sociaux.

À la différence du PER ou de l’assurance‑vie, le PEA ne crée pas automatiquement de flux de revenus à la retraite : c’est vous qui choisissez de vendre des titres ou de mettre en place une sortie en rente viagère. Toutefois, en combinant un PEA avec des retraits progressifs après 5 ou 8 ans, vous pouvez dégager un complément de revenus faiblement imposé. Le PEA est donc particulièrement adapté aux épargnants encore relativement jeunes, dotés d’un horizon de placement long (10 à 20 ans) et prêts à accepter les fluctuations des marchés boursiers.

Pour limiter le risque, rien ne vous oblige à investir en actions individuelles. Vous pouvez, par exemple, privilégier des ETF (trackers) diversifiés répliquant de grands indices européens. De cette façon, vous transformez le PEA en un outil de capitalisation à long terme, capable de soutenir un objectif de complément de retraite, tout en bénéficiant de la défiscalisation des gains après 5 ans de détention.

Le PERCO et l’épargne salariale : abondement de l’employeur et versements volontaires

Si vous êtes salarié, l’épargne salariale et le PER d’entreprise collectif (ex‑PERCO) constituent un levier souvent sous‑exploité pour préparer un complément de retraite. Ces plans permettent de placer votre intéressement, votre participation, une partie de votre prime de partage de valeur, ainsi que des versements volontaires. L’un des principaux atouts réside dans l’abondement de l’employeur : votre entreprise peut compléter vos versements jusqu’à 3 fois votre mise, dans la limite d’un plafond annuel (7 690 euros en 2026 par exemple).

À la différence du PER individuel, les sommes issues de l’épargne salariale versées sur un PER collectif sont exonérées d’impôt sur le revenu à l’entrée, dans la plupart des cas. En contrepartie, les fonds restent en principe bloqués jusqu’à la retraite, avec des possibilités de déblocage anticipé (achat de la résidence principale, invalidité, décès du conjoint, fin de droits au chômage…). Au moment de la retraite, vous pouvez opter pour une sortie en capital, en rente, ou un mix des deux, ce qui permet d’ajuster le dispositif à vos besoins de revenus complémentaires.

Profiter pleinement d’un PER d’entreprise collectif revient, en quelque sorte, à accepter de laisser “dormir” une épargne longue en échange d’un effet de levier fiscal et social important. Ne pas utiliser cet outil lorsqu’il existe dans votre entreprise, c’est souvent laisser de l’argent sur la table, notamment si l’abondement de l’employeur est généreux. Intégrer l’épargne salariale dans votre stratégie globale de retraite vous permet de diversifier vos sources de revenus futurs à moindre effort.

Stratégies d’investissement immobilier pour générer des revenus locatifs pérennes

L’immobilier occupe une place centrale dans les stratégies de préparation à la retraite. En plus de la résidence principale, qui permet de supprimer un loyer à payer à la retraite, l’investissement locatif peut générer des revenus réguliers pour compléter vos pensions. Différents dispositifs fiscaux (Pinel, Denormandie, LMNP, etc.) offrent, en outre, des avantages spécifiques. L’enjeu consiste à construire un patrimoine immobilier équilibré, en veillant à la localisation, à la qualité du bien et à la rentabilité nette après impôts et charges.

L’investissement locatif en loi pinel : réduction d’impôt et constitution d’un patrimoine

Le dispositif Pinel (et désormais Pinel+) permet de bénéficier d’une réduction d’impôt en contrepartie d’un engagement de location de 6, 9 ou 12 ans sur un logement neuf situé dans des zones tendues. La réduction d’impôt peut atteindre jusqu’à 21 % du prix d’acquisition dans le cadre du régime classique, et davantage avec Pinel+ lorsque le bien respecte des critères renforcés (performance énergétique, qualité d’usage, localisation précise). Pour un investisseur, c’est une manière de faire financer une partie du bien par l’avantage fiscal et les loyers, tout en se constituant un patrimoine en vue de la retraite.

À l’issue de la période d’engagement, plusieurs options s’offrent à vous : continuer à louer le bien pour conserver le flux de loyers, l’occuper à titre de résidence secondaire ou principale, ou le revendre pour dégager un capital réinvestissable. Bien utilisé, un investissement Pinel peut ainsi devenir une véritable “rente immobilière” complétant vos pensions. Il convient toutefois d’être attentif aux prix d’achat souvent élevés dans le neuf et aux plafonds de loyers imposés, qui peuvent rogner la rentabilité si le projet est mal sélectionné.

Une analyse préalable fine du marché local est indispensable : demande locative réelle, perspectives de développement du quartier, niveau de charges de copropriété, fiscalité locale… Comme pour un PER ou une assurance‑vie, il s’agit d’un engagement de long terme qui doit s’inscrire dans une stratégie patrimoniale globale, et non être dicté uniquement par l’attrait immédiat de la réduction d’impôt.

Les SCPI de rendement : mutualisation des risques et revenus trimestriels récurrents

Les Sociétés Civiles de Placement Immobilier (SCPI) de rendement permettent d’investir indirectement dans l’immobilier (bureaux, commerces, logistique, santé, résidences gérées…) sans gérer vous‑même un bien en direct. Concrètement, vous achetez des parts de SCPI, qui versent ensuite des revenus locatifs trimestriels nets de charges de gestion. Avec des rendements annuels distribués souvent compris entre 4 % et 5,5 % brut ces dernières années, les SCPI sont devenues un outil prisé pour préparer un complément de retraite.

L’un des grands avantages des SCPI est la mutualisation des risques : au lieu de dépendre d’un seul locataire ou d’un seul bien, votre revenu provient d’un portefeuille diversifié d’actifs immobiliers. Par ailleurs, vous pouvez investir de façon progressive, à partir de quelques milliers d’euros, ou via un financement à crédit. Les parts de SCPI peuvent aussi être logées dans un contrat d’assurance‑vie, ce qui permet de cumuler les avantages de cette enveloppe (souplesse des rachats, fiscalité adoucie après 8 ans) avec la performance potentielle de la pierre papier.

Les SCPI ne sont pas pour autant dénuées de risques : la valeur des parts peut fluctuer et les revenus distribués ne sont jamais garantis. Il s’agit d’un placement de long terme, avec une liquidité parfois réduite en fonction des conditions de marché. Pour un complément de retraite régulier et relativement prévisible, elles restent cependant un compromis intéressant entre rendement, diversification et gestion déléguée.

Le dispositif denormandie pour rénover l’immobilier ancien en zones moyennes

Moins connu que la loi Pinel, le dispositif Denormandie cible l’immobilier ancien à rénover dans des villes moyennes bénéficiant d’un programme de revitalisation. Le principe : vous achetez un bien ancien situé dans une commune éligible, vous y réalisez des travaux de rénovation représentant au moins 25 % du coût total de l’opération, et vous le mettez en location pour une durée minimale. En contrepartie, vous obtenez une réduction d’impôt proche de celle du Pinel, proportionnelle à la durée d’engagement locatif.

Ce dispositif peut s’avérer particulièrement pertinent pour les investisseurs souhaitant concilier rendement locatif et impact territorial positif. Les prix d’achat dans ces villes moyennes restent souvent plus accessibles que dans les grandes métropoles, ce qui permet d’atteindre des rentabilités brutes intéressantes. Une fois les travaux achevés et le bien mis aux normes, vous disposez d’un actif rénové susceptible de générer un flux de loyers sur le long terme, idéal pour compléter vos pensions de retraite.

Comme toujours en immobilier locatif, la clé réside dans la sélection rigoureuse de la ville, du quartier, et dans la maîtrise du budget travaux. Le Denormandie n’est pas un “chèque en blanc” de l’État : il représente un outil supplémentaire, à considérer si vous êtes prêt à vous investir dans un projet de rénovation, ou à vous entourer de professionnels (maître d’œuvre, gestionnaire de patrimoine, expert‑comptable) pour sécuriser l’opération.

La location meublée non professionnelle (LMNP) et le régime du réel simplifié

La location meublée non professionnelle (LMNP) est souvent décrite comme l’un des dispositifs les plus efficaces pour générer des revenus locatifs peu ou pas imposés. En optant pour le régime réel simplifié, vous pouvez déduire l’ensemble des charges liées au bien (intérêts d’emprunt, travaux, charges de copropriété, taxe foncière, frais de gestion…) ainsi que pratiquer des amortissements sur le mobilier et, en grande partie, sur l’immobilier lui‑même. Dans de nombreux cas, ces déductions et amortissements suffisent à neutraliser fiscalement le revenu locatif pendant plusieurs années.

Concrètement, cela signifie que vous pouvez percevoir des loyers réguliers pour compléter vos revenus, sans augmentation significative de votre impôt sur le revenu, tant que le déficit ou les amortissements couvrent le résultat. La LMNP s’applique aussi bien à un studio meublé classique qu’à un bien en résidence de services (étudiantes, seniors, tourisme) avec bail commercial. À l’approche de la retraite, disposer d’un ou deux biens en location meublée peut représenter un véritable “deuxième salaire”, particulièrement si le crédit a été en grande partie remboursé.

Le revers de la médaille ? Une comptabilité plus technique, qui nécessite souvent le recours à un expert‑comptable pour optimiser pleinement le régime du réel. De plus, comme tout investissement immobilier, la LMNP impose d’être vigilant sur l’emplacement, la demande locative et la qualité du bien. Bien gérée, elle demeure toutefois l’un des outils les plus puissants pour se constituer un complément de pension peu fiscalisé.

Diversification du portefeuille avec les placements financiers à risque modulé

Au‑delà de l’épargne réglementée et de l’immobilier, compléter sa pension de retraite passe aussi par une diversification sur les marchés financiers. L’objectif n’est pas de se transformer en trader, mais de mettre à contribution des supports plus dynamiques pour booster la performance sur la durée. Grâce aux unités de compte, aux ETF, aux obligations et aux fonds diversifiés, vous pouvez construire un portefeuille “à risque modulé”, adapté à votre profil : prudent, équilibré ou dynamique.

Les unités de compte en assurance-vie : ETF, fonds actions et obligations d’entreprises

Dans un contrat d’assurance‑vie ou un PER, les unités de compte (UC) désignent tous les supports dont le capital n’est pas garanti : fonds actions, obligations, immobilier, private equity, ETF, etc. Elles sont indispensables pour espérer un rendement supérieur à celui du fonds en euros sur le long terme. Vous pouvez, par exemple, investir dans des ETF actions mondiaux peu chargés en frais, dans des fonds obligataires d’entreprises (corporate) ou dans des fonds thématiques (transition énergétique, santé, technologie).

Les UC fonctionnent un peu comme des “briques” que vous assemblez pour construire votre stratégie de complément de retraite. Plus votre horizon est long, plus vous pouvez donner de place à des supports dynamiques. Par analogie, on peut comparer cela à un repas : le fonds en euros représente la base rassasiante et stable, tandis que les unités de compte sont les assaisonnements qui donnent du goût et du relief à l’ensemble. Sans elles, la performance globale risque de rester fade, surtout sur des horizons de 15 à 20 ans.

Il est toutefois essentiel de garder en tête que la valeur des unités de compte peut baisser, parfois fortement, en fonction des marchés. C’est pourquoi la diversification (entre classes d’actifs, zones géographiques, secteurs) et la progressivité des versements (investir chaque mois plutôt qu’en une fois) constituent des réflexes à adopter. En combinant unités de compte et fonds en euros au sein de votre assurance‑vie ou de votre PER, vous construisez un moteur de performance équilibré pour vos futurs compléments de retraite.

L’allocation d’actifs selon le profil prudent, équilibré ou dynamique

La répartition de votre épargne entre supports sécurisés (fonds en euros, monétaire, obligations d’État) et supports plus risqués (actions, immobilier, obligations d’entreprises) constitue ce qu’on appelle l’allocation d’actifs. C’est cette allocation, bien plus que le choix précis de tel ou tel fonds, qui explique l’essentiel de la performance à long terme. Pour préparer votre retraite, il est donc crucial d’adapter cette répartition à votre horizon de placement et à votre tolérance au risque.

On distingue généralement trois grands profils :

  • Profil prudent : 70 % à 90 % sur des supports sécurisés, 10 % à 30 % en unités de compte. Adapté si la retraite est proche (moins de 5 à 7 ans) ou si vous supportez mal les fluctuations.
  • Profil équilibré : 40 % à 60 % sur des supports sécurisés, le reste en supports dynamiques. Convient lorsque la retraite est encore à 10–15 ans et que vous recherchez un compromis entre sécurité et performance.
  • Profil dynamique : 70 % à 100 % en unités de compte, réservé aux horizons très longs (plus de 15 ans) et aux épargnants acceptant la volatilité en contrepartie d’un potentiel de rendement supérieur.

Votre profil n’est pas figé : il évolue avec le temps et doit être réajusté régulièrement. À mesure que vous approchez de la retraite, il est généralement conseillé de “désensibiliser” progressivement votre portefeuille, un peu comme on ralentit en voiture à l’approche d’un carrefour important. Les mécanismes de gestion pilotée proposés par de nombreux assureurs automatisent cette transition, mais rien ne vous empêche de la piloter vous‑même, avec l’aide d’un conseiller si nécessaire.

Les obligations d’état et corporate pour sécuriser une rente fixe prévisible

Les obligations – qu’il s’agisse d’obligations d’État (OAT françaises, Bund allemands…) ou d’obligations d’entreprises (corporate) – occupent une place de choix pour qui souhaite sécuriser une rente fixe prévisible. En achetant une obligation, vous prêtez de l’argent à un État ou à une entreprise, qui vous verse en échange des intérêts réguliers (les coupons) et vous rembourse le capital à l’échéance. Les taux ayant remonté depuis 2022, ces supports redeviennent attractifs pour les épargnants en quête de revenus complémentaires à horizon moyen ou long.

Concrètement, vous pouvez accéder aux obligations soit via des fonds obligataires (logés dans une assurance‑vie, un PER ou un compte‑titres), soit en direct si votre intermédiaire financier le permet. Les obligations d’État sont généralement considérées comme moins risquées, mais offrent un rendement plus modeste ; les obligations d’entreprises, elles, procurent des coupons plus élevés mais comportent un risque de crédit (défaut éventuel de l’émetteur). Une combinaison des deux permet d’équilibrer rendement et sécurité.

Pour compléter vos pensions à la retraite, une stratégie consiste à détenir une “échelle” d’obligations avec des échéances étalées dans le temps, de façon à percevoir des flux d’intérêts réguliers et à récupérer périodiquement du capital. Cette approche, proche de celle utilisée par les fonds de pension anglo‑saxons, offre une visibilité appréciable sur les revenus futurs, à condition de bien suivre la qualité de crédit des émetteurs et de diversifier les lignes.

Optimisation fiscale et calendrier de sortie en capital ou en rente viagère

Accumuler un capital pour la retraite n’est qu’une partie de l’équation. L’autre versant, souvent négligé, consiste à organiser intelligemment la sortie de vos placements : quand retirer, sous quelle forme (capital ou rente viagère), et dans quel ordre utiliser vos différentes enveloppes (PER, assurance‑vie, PEA, immobilier…). Une bonne stratégie de sortie permet de lisser la fiscalité, de préserver vos droits sociaux éventuels et d’éviter de remonter inutilement dans les tranches supérieures de l’impôt sur le revenu.

La conversion en rente viagère du PER : taux technique et tables de mortalité

Le PER, comme certains contrats d’assurance‑vie, offre la possibilité de convertir tout ou partie de votre épargne en rente viagère. Vous transformez ainsi un capital en un revenu garanti à vie. Le montant de cette rente dépend de plusieurs paramètres : âge au moment de la liquidation, sexe, options choisies (rente simple, réversible, avec annuités garanties, etc.), mais aussi de critères actuariels comme le taux technique et les tables de mortalité utilisées par l’assureur.

Le taux technique correspond au taux d’actualisation retenu pour calculer la rente : plus il est élevé, plus la rente initiale est importante, mais plus l’assureur prend de risque à long terme. Les tables de mortalité, elles, reposent sur l’espérance de vie statistique : si l’on anticipe que vous vivrez longtemps, la rente sera plus faible (le capital devant être étalé sur une durée plus longue). En pratique, chaque assureur applique ses propres paramètres, d’où l’importance de comparer plusieurs propositions avant de s’engager.

La rente viagère présente un avantage psychologique fort : elle vous protège contre le risque de “vivre plus longtemps que votre argent”. En revanche, elle manque de souplesse (capital généralement non récupérable) et entraîne une fiscalité proche de celle des pensions de retraite si les versements ont été déduits à l’entrée. Une piste souvent pertinente consiste donc à panacher : convertir une partie du PER en rente viagère pour sécuriser un socle de revenus, et conserver le reste en capital pour plus de flexibilité.

Le fractionnement des rachats partiels pour lisser la fiscalité des plus-values

Sur vos contrats d’assurance‑vie ou vos PER investis en capital, la manière dont vous retirez les fonds joue un rôle déterminant sur la facture fiscale. Un retrait total important la même année risque de vous faire franchir une tranche supérieure d’imposition, tandis que des rachats partiels programmés, étalés sur plusieurs années, permettent souvent de rester dans une tranche plus basse et de profiter pleinement des abattements disponibles.

Le principe est simple : au lieu de retirer, par exemple, 100 000 euros d’un coup pour financer vos premières années de retraite, vous programmez un rachat mensuel ou trimestriel (par exemple 1 000 à 2 000 euros par mois). Chaque rachat comprend une part de capital (non imposable) et une part de gains (imposable), calculée selon une formule proportionnelle. En étalant ces rachats dans le temps, vous limitez l’impact fiscal chaque année, tout en vous assurant un complément de revenus régulier.

Cette stratégie de fractionnement est particulièrement efficace avec l’assurance‑vie après 8 ans de détention, grâce à l’abattement annuel sur les gains. Mais elle peut aussi être utilisée sur un PER lors de sorties en capital fractionné, selon les possibilités offertes par le contrat. En combinant intelligemment ces différents flux, vous transformez votre patrimoine financier en une “paye de retraite” sur mesure, fiscalement optimisée.

L’abattement après 8 ans sur l’assurance-vie et stratégie de retrait programmé

Nous l’avons évoqué : après 8 ans, l’assurance‑vie bénéficie d’un abattement annuel sur les gains retirés (4 600 euros pour une personne seule, 9 200 euros pour un couple). Cet avantage est au cœur des stratégies de retrait programmé à la retraite. En calibrant le montant de vos rachats de façon à ce que la quote‑part de gains reste en dessous de cet abattement, vous pouvez, dans certains cas, compléter vos revenus sans payer d’impôt sur le revenu sur ces gains (seuls les prélèvements sociaux restent dus).

Imaginons que vous disposiez d’un contrat d’assurance‑vie ancien avec une forte proportion de capital par rapport aux gains. En retirant, par exemple, 1 500 euros par mois, il se peut que la part de gains incluse dans ces rachats soit largement inférieure à l’abattement annuel. Résultat : vous vous créez un complément de pension de 18 000 euros par an, dont les gains peuvent être totalement exonérés d’impôt sur le revenu grâce à cet abattement. C’est une forme de “rente défiscalisée” qui vient s’ajouter à vos pensions obligatoires.

Naturellement, cette stratégie suppose de suivre régulièrement la répartition capital/gains sur vos contrats et de l’ajuster au fil du temps. Elle illustre cependant à quel point l’ordre de mobilisation de vos enveloppes (d’abord l’assurance‑vie ancienne, puis éventuellement le PER, puis le PEA…) peut faire une immense différence sur le montant net réellement perçu à la retraite.

Calcul du taux de remplacement et estimation des besoins financiers post-carrière

Avant de déterminer combien épargner et sur quels supports, il est indispensable de répondre à une question simple en apparence : combien vous faudra‑t‑il réellement pour vivre confortablement à la retraite ? C’est là qu’intervient la notion de taux de remplacement, c’est‑à‑dire le rapport entre votre revenu de retraite (toutes sources confondues) et votre dernier revenu d’activité. En France, ce taux se situe en moyenne autour de 70 %, mais il varie fortement selon les régimes, les carrières et l’âge de départ.

Pour estimer vos besoins, vous pouvez procéder en deux temps. D’abord, évaluez vos dépenses actuelles et projetez‑les à la retraite : certains postes diminueront (transport domicile‑travail, épargne pour les enfants…), d’autres augmenteront (santé, loisirs, voyages). Ensuite, comparez ce budget cible au montant de pension estimé par vos régimes de base et complémentaires, via les simulateurs officiels. L’écart entre les deux représente le “trou de revenus” que votre épargne retraite devra combler.

Par exemple, si votre dernier revenu net d’activité est de 3 000 euros par mois et que vous souhaitez disposer de 2 500 euros nets à la retraite, alors que vos pensions obligatoires sont estimées à 1 900 euros, il vous manque 600 euros mensuels. Il s’agit alors de construire une stratégie d’épargne capable de générer ce complément de manière durable, que ce soit via des rentes (PER, assurance‑vie, LMNP) ou via des retraits programmés sur votre capital financier.

En pratique, il peut être utile de se fixer des jalons : à 40 ans, avoir constitué 2 à 3 fois son revenu annuel en patrimoine global, à 60 ans, viser 8 à 10 fois son revenu annuel selon le niveau de vie souhaité. Ces repères ne sont pas des obligations, mais des garde‑fous pour vérifier si votre trajectoire d’épargne est cohérente avec vos objectifs de retraite.

Arbitrages et rééquilibrages patrimoniaux selon l’horizon de départ à la retraite

Préparer un complément de pension de retraite grâce à l’épargne n’est pas un acte ponctuel, mais un processus vivant. Votre situation personnelle, votre carrière, votre fiscalité, vos projets de vie évoluent ; votre stratégie patrimoniale doit suivre le mouvement. D’où l’importance des arbitrages et rééquilibrages réguliers entre les différents supports (PER, assurance‑vie, PEA, immobilier, liquidités…).

À plus de 20 ans de la retraite, l’enjeu principal est de profiter du temps : privilégier les supports dynamiques (actions, unités de compte, immobilier de croissance), utiliser les enveloppes fiscalement avantageuses (PER pour déduire les versements, PEA pour capitaliser sans impôt sur le revenu, assurance‑vie en unités de compte). Entre 10 et 20 ans de l’échéance, il est souvent pertinent de commencer à diversifier davantage, en introduisant plus d’obligations, de fonds euros et d’immobilier de rendement stable (SCPI, LMNP).

À moins de 10 ans de la retraite, la priorité devient la sécurisation progressive : réduire l’exposition aux marchés actions, arbitrer une partie des plus‑values vers des supports garantis, alléger les dettes immobilières et préparer concrètement les futures sources de revenus (mise en location de biens, choix des options de rente sur les PER, organisation des retraits programmés d’assurance‑vie). Chaque arbitrage doit être réfléchi à l’aune du couple rendement/risque, mais aussi de la fiscalité à venir.

En définitive, compléter votre pension de retraite grâce à l’épargne revient à piloter un véritable “cockpit patrimonial” : vous disposez de plusieurs leviers (épargne réglementée, immobilier, placements financiers, fiscalité), que vous actionnez différemment selon l’horizon qui vous sépare de la retraite. Plus vous anticipez et ajustez régulièrement vos choix, plus vous augmentez vos chances d’aborder cette nouvelle étape de vie avec sérénité, autonomie financière et liberté de choix.

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